Nem chua vietnamien – une arme redoutable pour les scientifiques
Le nem chua vietnamien est une spécialité culinaire emblématique du Vietnam
Sur les tables d’alcool à Saïgon, les nems carrés enveloppés de feuilles de bananier sont presque toujours présents. Ils trônent au centre, en toute saison. C’est un accompagnement parfaitement classique. Parfumé, légèrement sucré, épicé et acidulé. Avec la bière ou l’alcool de riz, l’accord est naturellement joyeux. Comme des frères se tenant par l’épaule, riant à pleines dents. Le nem chua fait partie du quotidien.

Le nem chua, un mets couramment présent sur les tables d’alcool.
Pendant le Têt, des plats luxueux apparaissent seulement lors des grandes occasions. Banquets solennels, tables cérémonieuses. Et pourtant, le modeste nem chua s’y glisse discrètement. Peu de plats populaires sont célèbres du Nord au Sud comme le nem chua. On ignore encore quelle région l’a créé en premier. Mais la recette commune reste la viande et la couenne de porc. Avec des feuilles servant à faire mûrir la viande.
Tout le long du pays, plusieurs régions sont réputées pour leur nem chua. Chaque région utilise cependant des feuilles différentes. Les saveurs se ressemblent, mais les nuances varient. Le Nord offre une acidité salée marquée. Le Centre se distingue par son piquant traditionnel. Le Sud privilégie une douceur prononcée. Sauf pour le nem chua de Thủ Đức, Thanh Hoá.
Le nem chua est préparé selon un processus très minutieux et élaboré.
Un bon nem chua doit être préparé avec de la viande très fraîche. Une viande encore frémissante. Elle est pilée à la main, sans interruption. Jusqu’à ce que la chair devienne parfaitement liée. Comme pour la préparation du giò. Le pilonnage doit être continu jusqu’à la fin. S’arrêter ferait tourner la viande. La préparation du nem ne tolère aucune pause. En cas d’urgence, un autre doit immédiatement prendre le relais.

Le nem chua peut avoir des formes différentes selon les régions.
Pour un nem Thủ Đức authentique, la viande doit être soigneusement sélectionnée. On utilise le filet des deux cuisses arrière. La viande n’est pas lavée, mais pilée directement. Après pilonnage, on assaisonne avec ail, sucre, sel, alcool et miel. Ces ingrédients créent une saveur acidulée, épicée et élastique. Chaque épice doit être de la meilleure qualité. Le sucre doit être raffiné. L’alcool doit être de première catégorie. Ainsi, le nem se conserve mieux et n’est pas amer. Le sel utilisé est le sel blanc de Phan Thiết. Il est pur, sans odeur ni sable. Après l’assaisonnement, on ajoute la couenne. La couenne provient du dos ou des cuisses du porc.
Elle est brièvement plongée dans l’eau bouillante. Puis retirée aussitôt pour garder son croquant. Elle est ensuite nettoyée et coupée en fines lamelles. Enfin, le nem est enveloppé dans des feuilles de vông. Les feuilles ne doivent être ni trop jeunes ni trop âgées. Trop âgées, elles rendent le nem sec. Trop jeunes, elles le rendent friable. Les feuilles de vông sont non toxiques et sans odeur. Elles permettent une meilleure conservation de la viande.





